{"id":4445,"date":"2021-05-09T09:12:34","date_gmt":"2021-05-09T09:12:34","guid":{"rendered":"https:\/\/tabouleinfos.com\/?p=4445"},"modified":"2021-05-09T09:12:34","modified_gmt":"2021-05-09T09:12:34","slug":"comment-le-reggae-africain-a-reussi-son-emancipation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tabouleinfos.com\/index.php\/comment-le-reggae-africain-a-reussi-son-emancipation\/","title":{"rendered":"Comment le reggae africain a r\u00e9ussi son \u00e9mancipation"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Quarante ans apr\u00e8s la disparition de Bob Marley, le reggae africain fait r\u00e9sonner sa voix \u00e0 travers le continent o\u00f9 il occupe une position singuli\u00e8re, d\u00e9fendu par de nombreux artistes dont quelques-uns ont acquis une stature internationale. S\u2019il s\u2019est affranchi de la tutelle jama\u00efcaine sur le plan musical, il en a conserv\u00e9 l\u2019essence revendicative, qui participe de sa popularit\u00e9. Sixi\u00e8me volet de la s\u00e9rie consacr\u00e9e aux grands courants musicaux d\u2019Afrique sur RFI Musique.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">Dans sa loge emplie d\u2019un \u00e9pais nuage de fum\u00e9e, la t\u00eate entre les bras pos\u00e9s sur la table qui lui fait face, le Jama\u00efcain Roy \u00ab\u00a0Ashanti\u00a0\u00bb Johnson semble assoupi. \u00c0 moins qu\u2019il ne se repose avant de monter sur sc\u00e8ne. Soudain, il se redresse, travers\u00e9 par un \u00e9clair remont\u00e9 d\u2019un lointain pass\u00e9 :\u00a0\u00ab\u00a0Il y avait un S\u00e9n\u00e9galais chez Lee Perry \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970. Il \u00e9tait grand. Il s\u2019appelait Wasis !\u00a0\u00bb\u00a0\u00c0\u00a0la vue d\u2019une photo de\u00a0Wasis Diop, il confirme : cet homme-l\u00e0 est bien l\u2019un des premiers artistes africains que l\u2019on ait vu dans un studio \u00e0 Kingston.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Premi\u00e8res collaborations<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">\u00ab\u00a0Venu de Paris avec d\u2019autres musiciens, dont des Congolais qui jouaient pour\u00a0Rochereau, nous \u00e9tions partis pour deux semaines. Nous avons tous prolong\u00e9 notre s\u00e9jour. Nous \u00e9tions t\u00e9moins d\u2019un background musical permanent, extraordinaire [\u2026] Quand j\u2019avais la malchance de dire que j\u2019\u00e9tais Africain, j\u2019\u00e9tais poursuivi, comme si les gens voyaient en moi un original. Un type me suivait, me chantait et me regardait comme un messie\u00a0\u00bb, raconte Wasis Diop, qui a r\u00e9cemment eu la bonne id\u00e9e de coucher sur papier les souvenirs de ce p\u00e9riple rocambolesque effectu\u00e9 en 1978.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">Bien que l\u2019album rock qu\u2019ils devaient enregistrer en Jama\u00efque avec Lucien Zabuski, premier chanteur du groupe fran\u00e7ais Magma, tombe rapidement \u00e0 l\u2019eau, les deux musiciens congolais trouvent d\u2019autres opportunit\u00e9s sur place. Le batteur Seskain Molanga, qui a tap\u00e9 dans l\u2019oreille du g\u00e9nial producteur Lee Perry alors au centre de la plan\u00e8te reggae, signe m\u00eame un contrat de trois ans en tant que musicien avec Island Records, la maison de disques qui g\u00e9n\u00e8re \u00e9norm\u00e9ment d\u2019argent gr\u00e2ce au succ\u00e8s de\u00a0Bob Marley. De ce s\u00e9jour, il subsiste l\u2019album intitul\u00e9 \u00e0 l\u2019origine\u00a0From the Heart of the Congo&#8230; dont le mixage reggae psych\u00e9d\u00e9lico-exp\u00e9rimental aujourd\u2019hui salu\u00e9 \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 un acte de vengeance de Lee Perry, peu de temps avant que celui-ci ne mette le feu \u00e0 son studio pour le d\u00e9barrasser des mauvais esprits !<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">Les premi\u00e8res collaborations entre Africains et Jama\u00efcains ont tendance \u00e0 mal se terminer. La Sud-Africaine Aura, arriv\u00e9e sur l\u2019\u00eele en 1976 et enr\u00f4l\u00e9e comme choriste dans le groupe de Jimmy Cliff l\u2019ann\u00e9e suivante, le constate am\u00e8rement avec son album dont elle ne r\u00e9cup\u00e8re que quelques chansons, finalement commercialis\u00e9es \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980 en France \u2013 o\u00f9 elle se fait entendre en zoulou avec\u00a0Maxime Le Forestier\u00a0sur\u00a0N\u00e9 quelque part.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Une Afrique fantasm\u00e9e<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">Entre le continent africain et le reggae, pourtant, le lien est aussi naturel qu\u2019\u00e9vident. La pens\u00e9e que v\u00e9hicule cette musique n\u00e9e dans les Cara\u00efbes est impr\u00e9gn\u00e9e par le panafricanisme, qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 depuis le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, et le retour \u00e0 la terre-m\u00e8re pour ses enfants d\u00e9port\u00e9s de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique par 400 ans d\u2019esclavage. Dans les studios de Kingston, d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, on l\u2019\u00e9voque souvent :\u00a0Back to Africa\u00a0d\u2019Alton Ellis,\u00a0African Roots\u00a0de Johnny Clarke,\u00a0Beautiful Africa\u00a0de Gregory Isaacs\u2026<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">Id\u00e9alis\u00e9e, fantasm\u00e9e, l\u2019Afrique qui n\u2019est pas encore compl\u00e8tement lib\u00e9r\u00e9e de la colonisation est pour la premi\u00e8re fois valoris\u00e9e par une musique \u00e0 la popularit\u00e9 internationale, port\u00e9e en outre par la premi\u00e8re star issue d\u2019un pays du tiers monde. Sa dimension revendicative, qui pointe le rapport entre dominants et domin\u00e9s ainsi que les in\u00e9galit\u00e9s qui en d\u00e9coulent, rejoint aussi les pr\u00e9occupations des populations.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Quand le reggae fait son apparition en Afrique<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">L\u2019ancrage du reggae en terre africaine se fait d\u2019abord par la diffusion des chansons des artistes jama\u00efcains. Celles de Jimmy Cliff y re\u00e7oivent un \u00e9cho particulier. Il est d\u2019ailleurs la premi\u00e8re star du reggae \u00e0 venir jouer sur le continent en 1977 : S\u00e9n\u00e9gal, Mali, Gambie, Sierra-Leone. Sa venue en Afrique du Sud en plein apartheid suscite la pol\u00e9mique en 1980 mais son concert dans le stade de Soweto devant un public multiracial de 20 000 personnes ressemble plut\u00f4t \u00e0 un pied-de-nez au r\u00e9gime. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, Bob Marley se produit au Gabon, \u00e0 l\u2019invitation de la famille du pr\u00e9sident Omar Bongo, et au Zimbabwe, o\u00f9 il vient c\u00e9l\u00e9brer l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 ses frais.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">Le mot \u00ab\u00a0reggae\u00a0\u00bb commence \u00e0 cette \u00e9poque \u00e0 faire son apparition dans les productions locales, au Nigeria, au Kenya, en Afrique du Sud, au B\u00e9nin&#8230; Au-del\u00e0 de l\u2019intention, le r\u00e9sultat est souvent tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 des canons jama\u00efcains.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">Dans son album\u00a0Home Made\u00a0con\u00e7u au Nigeria en 1979, le Camerounais\u00a0Manu Dibango\u00a0s\u2019y essaie aussi avec\u00a0Tropical Garden, avant de s\u2019envoler dans la foul\u00e9e vers Kingston pour travailler avec les maitres du genre qui viennent de s\u2019illustrer aux c\u00f4t\u00e9s de\u00a0Serge Gainsbourg. \u00c0 la cl\u00e9, le contenu de deux albums :\u00a0Gone Clear\u00a0et\u00a0Ambassador.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Les pionniers du reggae africain<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">Tout change dans le courant de la d\u00e9cennie suivante. Deux artistes posent les bases d\u2019un reggae africain avec sa propre identit\u00e9, ses codes, qui ne cherche pas \u00e0 reproduire une formule. En 1982, l\u2019Ivoirien\u00a0Alpha Blondy\u00a0fait irruption dans le paysage musical avec\u00a0Brigadier Sabari, un tube fondateur. Son reggae\u00a0made in Abidjan\u00a0et chant\u00e9 en dioula cr\u00e9e une forme de proximit\u00e9 avec ses compatriotes, qui se reconnaissent davantage dans ce registre. Le ph\u00e9nom\u00e8ne devient rapidement continental, car le chanteur cultive sa sp\u00e9cificit\u00e9 \u2013 et ne la perd pas lorsqu\u2019il travaille avec les Wailers \u00e0 Kingston.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">En Afrique du Sud, o\u00f9 la s\u00e9gr\u00e9gation raciale est totale, Lucky Dube r\u00e9ussit sa conversion au reggae en 1985. Apr\u00e8s avoir d\u00e9but\u00e9 par le mbaqanga avec lequel il est devenu populaire, il embrasse la musique jama\u00efcaine et sa philosophie, dont il redessine les contours \u00e0 l\u2019aune de sa culture. Ses albums\u00a0Slave\u00a0et\u00a0Prisonner\u00a0deviennent des classiques du reggae africain, de ceux qu\u2019on entend jusqu\u2019au fin fond de la brousse, l\u00e0 o\u00f9 seule une paire de piles suffit pour que le silence d\u2019une vaste plaine soit soudain troubl\u00e9 par un radiocassette qui crache l\u2019un de ses tubes. La popularit\u00e9 du reggaeman sud-africain (assassin\u00e9 en 2007) qui a d\u00e9fi\u00e9 l\u2019apartheid ne se mesure pas \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de son pays mais \u00e0 celle de son continent et des \u00eeles qui l\u2019entourent.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Un genre musical en constante \u00e9volution<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">L\u2019influence respective d\u2019Alpha Blondy et de Lucky Dube se ressent chez nombre d\u2019artistes africains qui leur ont emboit\u00e9 le pas, tant sur le plan musical que celui du positionnement soci\u00e9tal \u2013 sinon de la posture \u2013 et de l\u2019\u00e9criture : Isma\u00ebl Isaac, Serge Kassy et\u00a0Tiken Jah Fakoly\u00a0en C\u00f4te d\u2019Ivoire,\u00a0Benja Rutabana\u00a0au Rwanda, Alpha Wess en Guin\u00e9e, Oyaba en Afrique du Sud, Zedess au Burkina, Shasha Marley au Ghana, Koko Dembele au Mali\u2026<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">L\u2019histoire du reggae africain est aussi faite de projets singuliers, ambitieux, qui ont chacun apport\u00e9 leur pierre \u00e0 l\u2019\u00e9difice : c\u2019est le cas du S\u00e9n\u00e9galais Adioa et du Nig\u00e9rian Majek Fashek (d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2020), tous deux pouss\u00e9s par Chris Blackwell qui fut le producteur de Bob Marley.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">Bas\u00e9s hors de leur continent natal, un certain nombre d\u2019artistes jouent ou ont jou\u00e9 depuis plusieurs d\u00e9cennies un r\u00f4le consid\u00e9rable, \u00e0 la fois dans l\u2019\u00e9volution musicale mais \u00e9galement dans l\u2019image du reggae africain devenu un sous-genre \u00e0 part enti\u00e8re, quelle que soit la diversit\u00e9 de ses composantes : les S\u00e9n\u00e9galais Niominka Bi, Natty Jean et\u00a0Meta and The Cornerstones, le Ghan\u00e9en Rocky Dawuni, les Congolais Nzela et Afro Fiesta, le Malien Ousco, le Sud-Africain Ras Dumisani, le Malgache Abdou Day\u2026<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Un combat contre l\u2019oppression<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">La principale diff\u00e9rence avec les Jama\u00efcains se situe dans le poids et le r\u00f4le donn\u00e9s \u00e0 Hail\u00e9 S\u00e9lassi\u00e9, l\u2019empereur d\u2019\u00c9thiopie renvers\u00e9 et tu\u00e9 en 1975. Les rastas le consid\u00e8rent comme leur r\u00e9dempteur tandis que son nom tient plus du cri de ralliement en Afrique. Et si le reggae ne s\u2019y est pas pour autant vid\u00e9 de son sentiment religieux, celui-ci est moins directif et plus personnel, rattach\u00e9 soit \u00e0 la chr\u00e9tient\u00e9 soit \u00e0 l\u2019islam.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">Tous ces ambassadeurs du reggae ont opt\u00e9 pour cette musique parce qu\u2019elle incarne un combat contre une forme de domination structurelle et la violence des rapports qui en d\u00e9coule. Sa politisation est fr\u00e9quente. Le S\u00e9n\u00e9galais\u00a0Awadi, rappeur historique, utilise de plus en plus le reggae pour exprimer ses critiques.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">La ligne trac\u00e9e par Alpha Blondy et son dauphin Tiken Jah Fakoly a fait \u00e9cole. Parmi ceux qui la suivent, figurent le Burkinab\u00e8\u00a0Jah Verity ou le Guin\u00e9en Takana Zion, dont la chanson\u00a0Dirigeants aveugles\u00a0sur son nouvel album\u00a0Human Supremacy\u00a0d\u00e9nonce les r\u00e9centes r\u00e9formes constitutionnelles au b\u00e9n\u00e9fice du pr\u00e9sident en exercice \u00e0 Conakry.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Identit\u00e9 africaine<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">Des \u00e9v\u00e9nements d\u00e9di\u00e9s au reggae ont vu le jour, avec \u00e0 l\u2019affiche des groupes locaux et de plus en plus souvent des pointures jama\u00efcaines : le Kamer Reggae Festival \u00e0 Douala, le Fianar Reggae Festival \u00e0 Madagascar, le Mukongomani Reggae Festival en RDC, le Mali Reggae Festi \u00e0 Bamako ou encore l\u2019incontournable Abi Reggae Festival en C\u00f4te d\u2019Ivoire, rendez-vous majeur.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">Au fil des ann\u00e9es, des rencontres et gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement d\u2019Internet qui a rompu l\u2019isolement dans lequel pouvaient se trouver les artistes du continent, le reggae africain est parvenu \u00e0 d\u00e9passer ses mod\u00e8les pionniers qui avaient eu tendance \u00e0 le formater.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">Depuis quinze ans, il s\u2019est enrichi. Les instruments et les \u00e9l\u00e9ments traditionnels ont trouv\u00e9 leur place, notamment par l\u2019interm\u00e9diaire de Tiken Jah Fakoly, ins\u00e9parable de son joueur de ngoni, et du Fran\u00e7ais Manjul qui a con\u00e7u un triptyque d\u2019albums\u00a0Dub To Mali\u00a0dans son studio \u00e0 Bamako. Le r\u00e9servoir de musiciens s\u2019est \u00e9largi.\u00a0\u00ab\u00a0Ils ont leur son, leurs arrangements sp\u00e9cifiques\u00a0\u00bb, note le guitariste fran\u00e7ais\u00a0<span style=\"color: #0000ff\"><span style=\"color: #000000\">Kubix<\/span>\u00a0<\/span>qui a fr\u00e9quent\u00e9 les sc\u00e8nes ivoiriennes et s\u00e9n\u00e9galaises \u00e0 de multiples reprises. Aujourd\u2019hui, le style est plus acad\u00e9mique. Baignant dans un environnement musical essentiellement ternaire en Afrique, les batteurs ont fini par apprivoiser le rythme binaire du reggae.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">Chanteur r\u00e9sident du Parker Place \u00e0 Abidjan, consid\u00e9r\u00e9 comme le temple du reggae en C\u00f4te d\u2019Ivoire, Jah Light a su tirer le b\u00e9n\u00e9fice de toutes ces \u00e9volutions. \u00c0\u00a0travers son premier album\u00a0Almighty Zion Keepers, il r\u00e9alise une synth\u00e8se des diff\u00e9rentes influences qui ont nourri le reggae en Afrique, qu\u2019elles viennent de Jama\u00efque ou du continent. Quand il r\u00eavait au futur de la musique qu\u2019il incarnait sur la terre de ses anc\u00eatres tant ch\u00e9rie, Bob Marley imaginait-il qu\u2019elle s\u2019y enracinerait \u00e0 ce stade ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\">A lire sur\u00a0: <span style=\"color: #0000ff\"><a style=\"color: #0000ff\" href=\"https:\/\/musique.rfi.fr\/reggae\/20210507-comment-le-reggae-africain-reussi-son-emancipation\"><strong>musique.rfi.fr<\/strong><\/a><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quarante ans apr\u00e8s la disparition de Bob Marley, le reggae africain fait r\u00e9sonner sa voix \u00e0 travers le continent o\u00f9 il occupe une position singuli\u00e8re, d\u00e9fendu par de nombreux artistes dont quelques-uns ont acquis une stature internationale. 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