Près de trente ans après sa disparition, le « Black President » entre définitivement dans l’histoire. Fela Anikulapo-Kuti recevra, ce samedi 31 janvier à Los Angeles, un Grammy Lifetime Achievement Award à titre posthume.

C’est une première historique : Fela Kuti devient le premier artiste africain à recevoir cette distinction pour l’ensemble de sa carrière. Le pionnier de l’Afrobeat rejoint ainsi un panthéon de légendes composé, pour cette promotion 2026, de Whitney Houston, Carlos Santana ou encore Paul Simon.

La Recording Academy salue une œuvre qui a transcendé les frontières et les générations. De Broadway avec Fela! The Musical à l’influence exercée sur Beyoncé ou Burna Boy, l’idéologie et les rythmes de l’icône nigériane ont façonné la musique mondiale moderne.

Si la famille Kuti exprime sa gratitude, l’ombre des restrictions de voyage plane sur l’événement. Seun Kuti, fils cadet de la légende, a annoncé qu’il ne pourrait pas assister à la cérémonie :

« Trump m’a interdit de séjour à cause de mes propos sur le génocide des chrétiens », a-t-il affirmé, tout en précisant que ses frères et sœurs Yeni, Femi et Kunle seront présents pour honorer la mémoire de leur père.

Au-delà des honneurs, Seun Kuti a profité de cette annonce pour appeler à la fin des comparaisons entre artistes (faisant écho à ses récentes tensions avec Wizkid) : « Notre culture devrait favoriser la coopération. Fela est grand, c’est indéniable. »

Après l’entrée de l’album Zombie au Grammy Hall of Fame en 2025, ce prix vient sceller la réconciliation définitive entre l’establishment musical et l’artiste qui, de son vivant, ne cessait de le défier.

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