Ce jeudi 5 février 2026 marque le cinquième anniversaire de la disparition d’Abdoul Karim Diallo, plus connu sous le nom d’Abdoul Jabbar. Cinq ans après son dernier souffle à l’hôpital de l’amitié Sino-guinéenne, la rédaction de Tabouleinfos.com rend hommage à une icône dont l’héritage musical continue de vibrer.

Le 5 février 2021, le reggae guinéen perdait l’une de ses voix les plus authentiques. Victime d’un AVC après un malaise à son domicile de Gomboya, Abdoul Jabbar s’éteignait à l’âge où son talent s’apprêtait à conquérir de nouveaux horizons.

Révélé au grand public le 17 juillet 2005 avec l’album « TOULIGBELI », Abdoul Jabbar a su, en une décennie, bâtir une discographie solide et militante. De « LE BAS PEUPLE » (2007) à « WALI » (2013), il a porté la voix des sans-voix, mêlant instruments traditionnels (kora, balafon, flûte pastorale) et rythmes jamaïcains.

Son talent lui a valu une reconnaissance internationale avec une nomination aux Victoires du Reggae 2014 pour l’album Wali, où il rivalisait aux côtés de légendes comme Alpha Blondy.

Alors qu’il préparait son grand retour avec le projet « SPIRITUAL WAR », le destin en a décidé autrement. Quelques semaines après la sortie des singles « Auto tune » et « Seigneurita », un malaise à son domicile de Gomboya l’a emporté, laissant derrière lui un vide immense.

Fidèle à sa mémoire, son label Kotta Music Production, dirigé par Ras Condel, a poursuivi son œuvre :

Best Of Vol. 1 & 2 : Sortis en mai 2021 pour préserver son héritage digital.

L’album posthume : Un projet de « haute facture » incluant le titre poignant « Arakouya » et la collaboration internationale « Folè Folè Ma », réunissant des icônes comme Takana Zion, Elie Kamano ou encore Kajeem.

Pour son frère Lama Reggae, Jabbar était un « talent à l’état pur ». Disparu tragiquement une semaine seulement après son père, l’enfant de Sombori laisse derrière lui une œuvre où le soussou, le poular, le malinké, le français et l’anglais s’entremêlent pour prôner la paix et le changement d’esprit.

« Il a mis son cœur, son âme et toute sa galère dans cet album.« , rappelle Ras Condel

Cinq ans après, Jabbar ne chante plus, mais sa musique, elle, continue de livrer sa « guerre spirituelle » pour une Afrique plus juste.

Aboubacar Fodé Bangoura