Sur le sable de la plage de la Jetée, le 6 février 2026, la communauté Rastafari de Guinée a conjugué recueillement, conscience sociale et renouveau institutionnel. Entre hommage aux disparus et restructuration, le mouvement a officialisé sa mutation en Conseil des Rastafari de Guinée (CORASGUI). Un tournant symbolique opéré lors d’une date doublement historique : celle de la Journée de solidarité avec les migrants et du 81e anniversaire de la naissance de Bob Marley.
Dans une allocution empreinte de gravité, Aly Baba, Secrétaire général du CORASGUI, a rappelé la tragédie silencieuse de l’immigration clandestine. Il a évoqué avec émotion ces milliers de destins africains brisés dans l’immensité des déserts, l’enfer des centres de détention et les eaux de la Méditerranée. « Cette tragédie nous interpelle tous », a-t-il martelé, pointant du doigt les racines du mal : pauvreté systémique, injustices sociales et absence de perspectives pour une jeunesse en quête d’horizon.
Face à ce constat, le CORASGUI oppose une conviction ferme : le salut ne réside pas dans l’exil, mais dans la reconstruction locale. Fidèle aux préceptes rastafaris d’autosuffisance, le mouvement érige l’agroécologie, l’éducation et l’autonomisation culturelle en leviers de résilience. L’objectif est clair : bâtir un avenir viable sur le continent, là où les racines sont ancrées.
Le choix de cette annonce le jour de la naissance de Bob Marley n’est évidemment pas fortuit. Pour le CORASGUI, l’icône jamaïcaine demeure la boussole d’une conscience éveillée et d’une résistance pacifique contre l’oppression. « En reliant la mémoire des migrants disparus à l’héritage de Marley, nous rappelons que notre combat est avant tout celui de la vie et de la dignité humaine », a souligné le Secrétaire général.
À travers ce nouveau positionnement, le CORASGUI interpelle les autorités, les partenaires internationaux et la société civile. L’organisation appelle à la création d’opportunités réelles pour protéger la jeunesse et façonner une Guinée où plus personne ne sera contraint de risquer sa vie pour espérer survivre. Un message à la confluence du spirituel et du politique, résolument ancré dans les défis de son temps.
Facely Diawara




