Ce 26 mars 2026 marque le 42e anniversaire de la disparition du camarade Ahmed Sékou Touré. À cette occasion, le Conseil Rastafari de Guinée (CORASGUI), en collaboration avec la Jeunesse Interconnectée d’Afrique (JIF AFRIK), a rendu hommage au père de l’indépendance guinéenne à travers un pèlerinage symbolique.
Placée sous le thème de l’« Intra-commerce panafricain », cette 5e édition souligne une volonté claire des organisateurs : l’Afrique doit commercer avec elle-même pour parfaire sa libération économique.
Comme à l’accoutumée, la cérémonie a débuté par une libation rituelle afin d’invoquer la protection des ancêtres. La caravane, regroupant les membres du CORASGUI (ancien MOURAG) et de la JIF AFRIK, s’est ensuite ébranlée du Jardin du 2 Octobre vers le mausolée de Camayenne. Tout au long du parcours, les participants ont porté des messages de paix et plaidé pour l’unité continentale, sous l’égide d’un drapeau unique pour les États-Unis d’Afrique.
Pour Aly Baba, porte-parole et secrétaire général du CORASGUI, l’engagement est total : « Chaque année, nous le faisons avec nos propres moyens pour rappeler la jeunesse au souvenir de ce grand monsieur. C’est un rappel à tous les Africains. C’est une motivation pour nous d’être ensemble. Nous sommes l’image d’une génération qui se donne la main et fusionne à chaque instant pour célébrer ces dates historiques. »
De son côté, Mohamed Bouya Touré de la JIF AFRIK, précise la portée idéologique de l’événement : « Le pèlerinage panafricain nous permet de faire une sorte de retraite spirituelle, de formation idéologique et de maintenir ce cap sékoutouréiste qui est le nôtre. […] Les peuples ne sont pas contre la révolution panafricaniste. »
Il exhorte également la jeunesse à s’approprier l’héritage intellectuel du défunt président : « Heureusement, en Guinée, le « Responsable Suprême » nous a laissé pas moins de 29 volumes qui traitent de politique, de culture, d’idéologie ou d’économie… Des écrits qui peuvent nous servir pour la construction de l’Afrique. »
Pour Gbassiko Kakoulima Konaté, président du CORASGUI, l’aura de Sékou Touré dépasse largement les frontières nationales : « Ce qu’il a fait n’était pas seulement pour la Guinée, mais pour toute l’Afrique. C’est pourquoi nous parlons de pèlerinage « panafricain » et non « guinéen ». Lors de la troisième édition, des invités étaient venus du Mali. Cette année, la Sierra Leone devait être présente, mais ses représentants sont malheureusement restés bloqués à la frontière. Malgré nos démarches officielles, ils n’ont pu nous rejoindre. Nous appelons tous les panafricains, les rastas et ceux qui partagent notre idéologie, où qu’ils soient, à se joindre à nous pour continuer la lutte. »
En clôturant cette journée de recueillement, les organisateurs ont rappelé que l’histoire est un levier pour projeter l’avenir : ne pas s’en informer, c’est risquer d’adopter celle de ses ennemis.
Aboubacar Fodé Bangoura




