Le week-end dernier, la préfecture de Kindia a vibré au rythme de la 13e édition du Festival Monde Sans Frontières. Porté par l’association Faso Kele, en collaboration avec ACT Afrique-Europe-Interact, cet événement artistique et culturel milite pour une harmonie durable entre l’homme, la nature et le monde animal.

À travers ce projet, les organisateurs ambitionnent de dessiner les contours d’un monde plus juste, solidaire et pacifique. Pour cette édition, installée dans la commune rurale de Samaya Soumounkiri, le festival s’est articulé autour du thème de l’« Écocitoyenneté ». L’objectif : sensibiliser les populations à la protection de l’environnement et souligner l’importance de l’engagement civique dans le développement national.

S’exprimant au nom des organisateurs, Mlle Fatou Bangoura a rappelé l’urgence d’une prise de conscience collective :

« Plus que jamais, notre monde a besoin d’unité. Il a besoin des femmes et des hommes capables de construire des ponts plutôt que des murs. Sur la question de l’environnement, nous savons que notre planète est notre maison commune. La protéger n’est pas seulement un choix, c’est une responsabilité. […] Derrière chaque migrant, il y a une histoire, un rêve, une construction possible à la société. Construire un monde sans frontières, c’est reconnaître la dignité de chaque être. »

Durant les trois jours de festivités (24, 25 et 26 avril 2026), les autorités locales ont manifesté un soutien de poids. Alhassane Camara, maire de la commune rurale de Samaya Soumounkiri, a tenu à saluer la persévérance des initiateurs :

« Je les remercie sincèrement pour tous les efforts qu’ils fournissent pour nous et pour toute la Guinée. […] Toute la population de la commune rurale de Samaya est derrière eux. C’est la 13e édition, ce qui veut dire que ce n’est pas un événement qui vient de naître. Qu’ils continuent sur leur chemin. »

Contrairement aux éditions précédentes, habituellement organisées au Village Rasta Faso Kele, cette année a été marquée par une délocalisation inédite à l’école primaire de Koundéa. Un choix stratégique pour renforcer la proximité avec les habitants.

« Ce que nous pouvons retenir de cette 13e édition, c’est que nous sommes en complicité avec la population locale. C’est ça qui fait la particularité », a souligné Gbassikolo Kakoulima Konaté, président du Conseil Rasta Rastafari de Guinée (CORASGUI) et fondateur du village Faso Kele.

Sur le plan artistique, le reggaeman Aly Baba a dominé l’affiche de cette édition 2026. Il a partagé la scène avec une pléiade de talents, mêlant danse, comédie et musique. Parmi les invités notables, les prestations de Aital Ras, Konkanko Talawa et Merlin Boy ont particulièrement marqué les esprits, offrant au public une communion culturelle intense.

En ancrant ses racines au cœur des communautés rurales, le Festival Monde Sans Frontières prouve que l’art reste le levier le plus puissant pour effacer les barrières et cultiver, ensemble, un avenir plus vert.

Aboubacar Fodé Bangoura