De la plume du journaliste à celle de l’auteur engagé, il n’y a qu’un pas. Dans son livre « Commencez petit, pensez grand », Mamadou Saliou Baldé brise les tabous sur l’argent et l’entrepreneuriat en Afrique. Pour Tabouleinfos, il revient sur le déclic de cette œuvre et livre un message sans détour à une jeunesse en quête de repères. 

Découvrez l’intégralité de notre entretien.

Vous êtes une figure connue du paysage médiatique. Qu’est-ce qui a été le déclic pour passer de l’autre côté du miroir et devenir auteur ?

Mamadou Saliou Baldé : Passer du rôle d’observateur à celui d’acteur de la transformation sociale à travers l’écriture n’a pas été un hasard dans mon parcours, mais plutôt une nécessité imposée par les réalités que j’ai longtemps observées sur le terrain. En tant que journaliste, j’ai été au contact direct de nombreuses histoires de réussite, mais aussi d’échecs, de frustrations et d’incompréhensions profondes liées à l’argent, à l’éducation et aux opportunités. Le véritable déclic est venu d’un moment très intime, lorsque mon fils m’a posé une question simple mais fondamentale sur la manière dont je gagnais de l’argent. Cette interrogation, en apparence anodine, a révélé un vide dans notre manière de transmettre le savoir financier et m’a poussé à formaliser une réponse qui puisse servir au plus grand nombre.

Pourquoi avoir choisi ce titre, « Commencez petit, pensez grand » ? Est-ce le reflet de votre propre philosophie de vie ?

Mamadou Saliou Baldé : Le choix du titre Commencez petit, pensez grand s’inscrit parfaitement dans cette logique et reflète profondément mon parcours personnel. Il ne s’agit pas d’une formule, mais d’un principe de vie que j’ai moi-même expérimenté dans des contextes parfois difficiles. Nous vivons dans une société où beaucoup aspirent à des résultats immédiats sans accepter les étapes nécessaires à toute construction durable. Commencer petit, c’est accepter le processus, les débuts modestes et les réalités du terrain, tandis que penser grand, c’est garder une vision ambitieuse et structurée de son avenir. Cette combinaison est essentielle pour toute personne qui veut bâtir quelque chose de solide et de durable.

À qui s’adresse prioritairement cet ouvrage ? Est-ce un guide de développement personnel, un manuel d’entrepreneuriat, ou un récit d’expériences ?

Mamadou Saliou Baldé : Cet ouvrage s’adresse avant tout à une jeunesse africaine en quête de repères, mais également à toute personne désireuse de reprendre le contrôle de sa vie financière et professionnelle. Il ne se limite pas à une seule catégorie, car il combine plusieurs dimensions. C’est à la fois un guide de développement personnel, un outil d’éducation financière et un récit basé sur des expériences vécues. J’ai volontairement évité une approche purement théorique pour proposer un contenu ancré dans nos réalités locales, avec des exemples concrets et des solutions directement applicables.

Dans votre livre, vous insistez sur l’importance des débuts modestes. Selon vous, quel est le plus grand obstacle qui empêche les jeunes Guinéens ou Africains de « commencer petit » ?

Mamadou Saliou Baldé : Le principal obstacle reste l’état d’esprit. Nous sommes dans une société où l’on valorise davantage l’apparence que la construction réelle. Beaucoup de jeunes hésitent à commencer petit par peur du regard des autres, par honte ou par manque de confiance en eux. À cela s’ajoute l’influence des réseaux sociaux qui donnent une illusion de réussite instantanée. Cette combinaison pousse certains à attendre des conditions idéales ou des moyens importants avant d’agir, alors que la véritable progression commence justement dans l’action, même à petite échelle.

Le titre suggère une vision à long terme. Comment parvient-on à garder cette ambition intacte (« penser grand ») quand on est confronté aux réalités du terrain ?

Mamadou Saliou Baldé : Garder une vision ambitieuse dans un environnement parfois difficile demande de la discipline et une capacité à structurer ses objectifs. Penser grand ne signifie pas rester dans le rêve, mais savoir transformer cette vision en actions concrètes et mesurables au quotidien. En découpant ses objectifs en étapes réalisables, on maintient la motivation et on avance malgré les obstacles. Les difficultés font partie du processus et doivent être perçues comme des phases d’apprentissage qui renforcent la détermination.

Votre premier ouvrage sort dans un contexte où l’industrie du livre reste un défi. Quel message souhaitez-vous envoyer à ceux qui hésitent encore à se lancer dans l’écriture ?

Mamadou Saliou Baldé : Dans un contexte où l’industrie du livre reste encore peu structurée, je considère cet ouvrage comme un message fort à tous ceux qui hésitent à écrire. L’écriture ne doit pas être perçue comme un privilège réservé à une élite, mais comme un outil de transmission et d’impact. Attendre la perfection est souvent le meilleur moyen de ne jamais commencer. Il est essentiel de se lancer, d’accepter l’apprentissage progressif et de croire en la valeur de son message, car chaque histoire peut inspirer et transformer des vies.

Y a-t-il un chapitre ou un passage spécifique de votre livre qui vous tient particulièrement à cœur ? Si oui, pourquoi ?

Mamadou Saliou Baldé : Oui, certains passages me tiennent particulièrement à cœur, notamment ceux qui abordent la liberté financière et l’importance de la formation. Ces éléments constituent le socle de toute transformation durable. À travers des exemples concrets, j’ai voulu démontrer que les opportunités existent réellement, mais qu’elles exigent une préparation, une discipline et une compréhension claire des mécanismes de l’argent. Ce sont des passages qui ont pour objectif de provoquer une prise de conscience immédiate chez le lecteur.

En tant que journaliste, vous analysez souvent l’actualité. Comment votre regard professionnel a-t-il influencé votre manière d’écrire ce livre ?

Mamadou Saliou Baldé : Mon expérience de journaliste a profondément influencé ma manière d’écrire ce livre. Elle m’a appris à observer les faits, à analyser les situations et à comprendre les dynamiques sociales et économiques. Cela m’a permis de proposer un contenu ancré dans la réalité, loin des discours théoriques. J’ai voulu apporter une lecture claire des problèmes liés à l’argent, à l’éducation et à l’entrepreneuriat, tout en proposant des pistes concrètes de solutions adaptées à notre contexte.

Quels sont les premiers retours des lecteurs depuis la sortie de l’œuvre ? Est-ce que cela a changé votre perception de l’impact que vous pouvez avoir ?

Mamadou Saliou Baldé : Les premiers retours des lecteurs ont été particulièrement forts et encourageants. Plusieurs témoignages font état de changements concrets dans leur manière de gérer leur argent, de prendre des décisions ou même de se lancer dans des activités. Cela m’a confirmé que l’impact de ce livre va bien au-delà de la simple lecture. Il agit comme un déclencheur, ce qui renforce ma conviction sur l’importance de ce type d’initiative.

Peut-on s’attendre à une suite ou à un second ouvrage prochainement ?

Mamadou Saliou Baldé : Ce premier ouvrage marque le début d’un processus. D’autres projets sont en préparation avec l’ambition d’approfondir certains concepts et d’apporter encore plus d’outils pratiques adaptés à nos réalités. L’objectif est de continuer à accompagner cette dynamique de transformation et d’élargir l’impact auprès d’un public encore plus large.

Votre dernier mot pour vos lecteurs et ceux qui vous suivent sur Tabouleinfos.

Mamadou Saliou Baldé : Pour conclure, je dirais simplement que personne ne viendra construire votre avenir à votre place. Les conditions parfaites n’existent pas et les opportunités se créent souvent à partir de peu. L’essentiel est de commencer, d’apprendre en chemin et de rester fidèle à une vision claire. C’est dans l’action que naissent les véritables transformations.

J’adresse mes vœux les meilleurs à Tabouleinfos et ma reconnaissance pour cette belle opportunité de m’exprimer via leur média innovant.

Merci.

Aboubacar Fodé Bangoura