Le hip-hop sénégalais est en deuil. Ce lundi 30 mars 2026, Daddy Bibson, de son vrai nom Cheikh Bounama Coly, s’est éteint aux États-Unis à l’âge de 52 ans. Victime d’un malaise à Philadelphie, celui que l’on surnommait le « général » laisse derrière lui le sillage d’un artiste insoumis et une œuvre monumentale.
Pionnier de la première heure dès 1988, Bibson explose en 1996 avec le groupe mythique Pee Froiss et la cassette culte Wala Wala Bok. Mais c’est avec le collectif Rap’Adio, aux côtés de Keyti et Deug Ebi, qu’il grave son nom dans le marbre. Ensemble, ils imposent un rap frontal, social et sans concession, redéfinissant l’identité du mouvement à Dakar.
Passé en solo au tournant des années 2000, il enchaîne les succès populaires (S.D.F., Jassbu) avant de mener un combat plus intime contre la maladie. Diabétique, il s’était confié avec pudeur sur ses épreuves physiques lors de son exil américain. Malgré une retraite annoncée en 2012, son besoin de témoigner l’avait ramené au micro avec Philadelphia History en 2014.
Gardien du temple du « rap pur », Daddy Bibson n’a jamais sacrifié ses convictions aux modes éphémères. Avec sa disparition, le Sénégal perd une plume tranchante et un flow unique qui ont structuré les fondations du genre. Si l’homme s’en va, son esprit de résistance continuera de nourrir la nouvelle garde du rap sénégalais.
Toute la rédaction de Tabouleinfos s’associe à la douleur de ses proches et présente ses plus sincères condoléances à sa famille, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté hip-hop.
La rédaction




