Le rappeur Balthazar DY vient de libérer « Sougué Taa », un single satirique en soussou qui embrase la toile. Entre dénonciation de l’ethnocentrisme et critique acerbe du sommet de l’État, l’artiste signe un pamphlet sonore d’une rare audace.
Avec « Sougué Taa », Balthazar DY s’installe au poste d’observateur critique d’une Guinée en pleine mutation, mais toujours hantée par ses vieux démons. Dès l’introduction, le ton est donné. L’artiste compare la gestion du pouvoir à une relation de séduction forcée, exigeant des dirigeants qu’ils fassent « la cour » au peuple au lieu de le trahir.
Le morceau ne s’embarrasse d’aucune diplomatie. Balthazar DY revient sur les débuts de la transition avec une métaphore crue.
Le point culminant de « Sougué Taa » reste sa charge contre l’instrumentalisation de l’ethnie. Le rappeur s’attaque frontalement aux leaders politiques, citant nommément des dossiers brûlants comme celui d’Air Guinée et la CRIEF. Sa critique ne faiblit pas face aux militants de tous bords, dénonçant un jeu de dupes :
« À bas le Peulh. À bas le Soussou. À bas le Malinké… Je veux que les Guinéens effacent l’ethnie du débat politique. Tant que vos yeux chercheront l’ethnie, vous ne trouverez pas la solution. »
L’artiste conclut sur le spectacle désolant d’une classe politique qui s’accroche au passé, imitant même les cris de détresse de l’ancien président déchu.
Avec ce titre, Balthazar DY ne cherche pas seulement à faire danser. Il livre un plaidoyer pour la conscience citoyenne, rappelant à chaque Guinéen l’urgence de voter pour l’avenir de ses enfants plutôt que pour des appartenances communautaires. Un morceau qui, à n’en pas douter, continuera d’alimenter les débats dans les foyers et sur les réseaux sociaux.
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