Au cœur de la 14e édition du Marché des Arts du Spectacle d’Afrique (MASA), l’effervescence ne se limitait pas aux planches, mais gagnait également les coulisses. Après une prestation électrique où les frontières de genres ont volé en éclats, l’artiste sénégalais Bakhaw s’est confié à la presse, notamment au média Tabouleinfos. Entre deux notes d’optimisme, le compositeur a livré une véritable feuille de route aux jeunes talents du continent.

Interrogé sur son identité sonore, Bakhaw a revendiqué une liberté totale. Pour lui, la musique ne doit pas être une prison, mais un carrefour :

« On sait faire du dancehall, de la soul, du hip-hop, du reggae… c’est un style mélangé. Si tu veux nous voir, tu seras satisfait parce qu’on te donne toute sorte de musique. »

Se définissant comme un artiste au style « un peu fou », naviguant entre le rock, le rap et le reggae, il incarne cette Afrique décomplexée qui puise dans les rythmes globaux tout en préservant son authenticité.

Au-delà de la performance, Bakhaw s’est mué en mentor pour la relève. S’il reconnaît le talent immense des jeunes artistes actuels, il insiste sur trois piliers fondamentaux pour bâtir une carrière durable. Pour lui, l’artiste est le premier ambassadeur de sa patrie. Il exhorte ainsi la jeunesse à « vendre la destination de leur pays » et à exporter leurs sonorités le plus loin possible. Dans un milieu parfois éphémère, le secret réside toutefois dans la posture : « Il faut juste avoir la tête sur les épaules et avoir du respect envers les aînés », a-t-il martelé.

Enfin, le Sénégalais prône une musique porteuse de sens. Selon lui, même si la barrière de la langue existe, la puissance du message doit transparaître, car l’objectif final demeure de proposer une œuvre qui conscientise son auditoire. Par ces mots, Bakhaw rappelle que si le talent ouvre les portes des grands festivals comme le MASA, seules la discipline et la rigueur permettent d’y laisser une empreinte indélébile.

Aboubacar Fodé Bangoura