Ce dimanche 26 juillet 2026 marque le quatrième anniversaire de la disparition de Maître Barry. Quatre ans jour pour jour que la musique guinéenne et la culture africaine ont perdu l’une de leurs figures les plus emblématiques. À cette occasion, la rédaction de Tabouleinfos.com tenait à saluer une nouvelle fois la mémoire de ce monument des arts.
Né le 15 novembre 1943, Mamadou Aliou Barry à l’état civil était bien plus qu’un virtuose du saxophone : c’était un pédagogue hors pair, un artiste accompli et un enseignant retraité au parcours remarquable. Ce multi-instrumentiste d’exception s’est éteint le mardi 26 juillet 2022 à l’hôpital de Lens, en France, à l’âge de 79 ans, laissant derrière lui un héritage musical inestimable.
Fils de musicien, le jeune Mamadou Aliou s’était d’abord illustré comme l’un des percussions les plus doués de son quartier. Mais sa véritable histoire d’amour avec les instruments à vent commence le jour où il croise le chemin du doyen Kélétigui Traoré, qu’il observait avec fascination faire chanter son saxophone aux reflets argentés.
C’est au début des années 1960, durant les vacances scolaires de 1961-1962, que le destin du jeune enseignant bascule définitivement. Il racontait alors avec émotion : « J’ai vu un guadeloupéen, Honoré Coppet qui avait été retenu par le pays pour former d’autres musiciens guinéens, dont les Momo Wandel… En l’écoutant jouer à la radio avec l’orchestre national, il faisait les solos de sax pendant que les autres faisaient les partitions. Je me suis efforcé, je suis venu à Conakry pour le rencontrer. Je lui ai dit que je voulais vraiment apprendre le sax. Il était surpris et il a rit. Il m’a dit, un jeune comme toi… »
Déterminé, il réussit à convaincre son maître : « Mon désir c’est de vous prendre tous les dimanches si vous acceptez. Je vous prends en charge. Avec le maigre salaire que j’ai. J’assure votre transport. Vous restez avec moi, et la journée vous vous retournez. C’est comme cela que c’est parti. C’est de là que j’ai appris le b.a. -ba de la musique. C’est à Meneyah (Coyah) que j’ai décidé de me trouver un instrument avec mon premier salaire d’enseignant », confiait-il lors de son passage dans l’émission Tribune des Célébrités sur la Radio Nationale Guinéenne.
Considéré comme le fils spirituel du légendaire Momo Wandel Soumah (disparu en juin 2003), Maître Barry vouait une vénération sans borne à son mentor. Les deux hommes partageaient une complicité quasi mystique, faite de transmission et de secrets partagés. Il nous révélait lors d’une entrevue :
« Pour la petite histoire, c’est à la paillotte-là même qu’on était en répétition avant notre départ pour les Etats Unis. De passage, il (Momo Wandel) est rentré, ‘’il m’a dit écoute mon fils ne part pas en tournée sans passer me voir à la maison.’’ C’est ce qui fut fait. Je suis passed le voir chez lui. On s’est enfermé à deux, on a parlé…Il m’a donné des secrets. Voilà le chemin que j’ai suivi pour être là où je suis aujourd’hui. Puis il m’a dit, C’est ce qui fut fait. Je suis passed le voir chez lui. On s’est enfermé à deux, on a parlé…Il m’a donné des secrets. Voilà le chemin que j’ai suivi pour être là où je suis aujourd’hui. Puis il m’a dit,‘’ ne restes pas longtemps, si tu reviens, je te donnerai mon secret pour que tu puisses continuer mon œuvre. Mais pas pour me remplacer, mais pour me succéder. Parce que je que je vois en toi, un garçon intelligent qui pourrait jouer avec mon saxophone… »
Au cours de sa riche et longue carrière, Maître Barry aura concrétisé son rêve d’enfant avec brio. Pilier de la musique guinéenne, il a assuré la direction musicale des mythiques Amazones de Guinée pendant près de deux décennies, tout en conduisant d’autres formations de renom comme le Kaloum Stars ou l’Afro Groove. En solo, il aura gravé son nom dans l’histoire à travers deux albums majeurs : Niyo et Tankadi.
Quatre ans après son envol pour l’éternité, l’écho de son saxophone continue de résonner dans le cœur des mélomanes. Repose en paix, Maître.
La rédaction




