Bill de Sam nous raconte son parcours musical !

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Alpha Soumah aka Bill de Sam est l’un des pionniers du rap guinéen évoluant aujourd’hui dans l’agriculture et le tourisme. Avant de mettre fin à sa carrière musicale, ce vieux MC a sorti trois albums sur le marché du disque, notamment : Sogolon, Chemin de l’exil et Simiti. Très loin de la scène, le concepteur du Mandingo style se souvient de ses débuts et du beau temps qu’il a passé dans la musique.

Dans cette semaine, cet ancien rappeur a accordé une interview à nos confrères de visionguinee.info. Au cours de cet entretien, Bill de Sam est revenu sur son parcours musical.

« Entre 1987 et 1989, avec la venue du mouvement Hip-hop en Guinée, je me suis mis à pratiquer le Rap avec des DJs dans les boîtes de nuit au cours des matinées dansantes. J’ai par la suite introduit les langues du pays dans mes textes. C’était mon cachet personnel à l’époque. A force de pratiquer le Rap, j’ai fini par représenter mon lycée 2 octobre dans les concours interscolaires de Rap à Conakry. Mais cela m’a aussi fait abandonner la guitare. Chose que je regrette beaucoup, même si je parviens à jouer encore quelques mélodies. Par la suite, j’ai été découvert par la RTG à la finale d’un concours de Rap à la salle des fêtes de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Je fus classé ‘’Hors-série’’, car pour la première fois, un rappeur avait osé utiliser une langue du pays dans son texte pendant le concours. J’ai été invité à enregistrer le single ‘’Guinè kolo’’ dans les studios de la RTG Boulbinet par Julienne Mathias, Mamadou Dian Diallo, Aly Badara Diakité (ABD) et Jeannot Williams. Tout est parti de là.», a-t-il expliqué.

Poursuivant : « Après la fac à Kankan en 1995 et un diplôme en Linguistique, je me suis retourné à Conakry. J’avais commencé mon stage à la Direction nationale des arts. Parallèlement à mon stage, je continuais de fréquenter les milieux Hip-Hop avec pour espoir de créer un mouvement pour fédérer les rappeurs. C’est ainsi que nous avons créé le Rap Koulè avec le groupe Kill Point. Beaucoup de rappeurs célèbres viendront plus tard de ce mouvement. En 1996, j’ai eu la chance, par le biais de mon manager Franck Stanislas, de décrocher un contrat d’album avec la maison Gris Gris Production de Mme Rougui Balde. J’ai dû mettre un terme à mon stage pour m’envoler vers la Côte d’Ivoire et enregistrer l’album ‘’Sogolon’’ au studio JBZ. Le Mandingo style est le mix entre le Rap et les sonorités à influence mandingue de chez nous.»

Selon ce vieux MC, la musique lui a apporté une ouverture d’esprit et cela lui permet aujourd’hui de comprendre les choses tel que : «  je les perçois et de toujours chercher à en faire quelque chose de ‘’potable’’. Je suis à la recherche perpétuelle de partage du savoir pour un développement harmonieux à tous les niveaux. J’ai toujours le sentiment que je dois beaucoup à mon pays. Cela est sûrement dû au fait que j’ai été bien accueilli partout où je suis passé.», dit-il.

Concernant son retrait de la musique, il a laissé entendre que : « J’ai passé beaucoup de temps en France ; pour des raisons personnelles, professionnelles et familiales. J’ai décidé de revenir au pays en 2011 pour contribuer à ma façon à faire bouger les choses. Oui, j’ai décidé d’arrêter la musique. C’est une décision que j’ai prise après avoir mûri la question. Je n’éprouve plus autant de plaisir sur scène. Ça reste une passion comme au début et non mon métier.»

Parlant de l’état actuel de la musique urbaine guinéenne, l’enfant de Samaya a fait savoir que la culture urbaine de Guinée est en pleine révolution. Et Soul Bangs en est un parfait exemple.

« Je pense que la majorité des artistes dans ce domaine pratiquent leur art avec beaucoup de maturité. Il faut juste éviter, pour certains, de ‘’pomper’’ trop ailleurs…»

Puis d’ajouter : « Je pense effectivement que la relève est assurée. Certains artistes donnent le maximum d’eux-mêmes. On ne peut pas demander mieux. Il manque juste un peu plus d’organisation. Les artistes guinéens ont besoin de s’organiser pour ardemment défendre non seulement leurs carrières, mais aussi et surtout leurs intérêts.», affirme l’ancien rappeur.

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur visionguinee.info

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