C’est parti pour deux jours de réflexions autour de « L’épopée de la culture guinéenne ». L’événement s’est ouvert ce jeudi 22 octobre au Musée national de Sandervalia, en présence d’une foule nombreuse composée d’historiens, de professionnels des médias, d’étudiants, d’artistes et d’acteurs culturels, aux côtés d’invités venus notamment de la Côte d’Ivoire et du Sénégal.

Organisé par la structure Select Com, ce colloque scientifique se déroule du jeudi 22 au vendredi 23 octobre 2026. Pour cette première journée, les débats ont porté sur plusieurs axes majeurs : la décolonisation culturelle, le rôle pionnier des Ballets Africains, l’impact des Quinzaines artistiques et du Festival national des arts et de la culture, ainsi que le rayonnement des ensembles fédéraux et des orchestres nationaux. Les panélistes se sont également penchés sur l’âge d’or du label Syliphone, l’apport des éditions Enimas et l’héritage laissé aux générations actuelles.

L’objectif principal de ces journées scientifiques est de documenter et de transmettre aux jeunes générations l’histoire culturelle de la Guinée, de la période précoloniale à nos jours.

Acteur clé de l’initiative au sein de Select Com, Fodéba Isto Keïra a souligné la portée pédagogique et mémorielle de ce rendez-vous :

« C’est un espace d’échange, de partage, de transmission aussi. Parce que nous avons dit qu’il fallait transmettre à la nouvelle génération ce que nous avons appris pendant plus de 38 ans, 40 ans… C’est des anciennes bouches qui parlent aux nouvelles oreilles. Je crois que la nouvelle génération va s’abreuver à la source de la culture guinéenne et s’en approprier. Cela leur permettrait, n’est-ce pas, une meilleure structuration, une meilleure professionnalisation du secteur de la culture. »

Expliquant le choix du cadre, il a rappelé la valeur symbolique du lieu :

« Le choix du musée n’est pas fortuit. Car le musée est le sanctuaire de tout ce que nous avons comme valeur culturelle, comme élément culturel, rentrant dans le domaine du patrimoine. Et c’est l’occasion pour nous de montrer à nos artistes et journalistes étrangers qui sont venus, des hommes de culture et opérateurs culturels, de visiter le musée national et de voir un peu les pièces muséales que nous avons. »

Abordant la suite du programme, Fodéba Isto Keïra a précisé la diversité des thématiques au menu :

« Mais au niveau de la musique, nous allons parler des différentes péripéties, l’odyssée de la musique guinéenne. Nous allons parler du patrimoine avec des spécialistes du patrimoine. Et plus tard, il y aura le cinéma, il y aura, n’est-ce pas, l’esthétique, il y aura l’art public. Et toutes les composantes qu’on appelle aujourd’hui les industries culturelles créatives. Et nous allons ressortir l’importance de la culture, la valeur que la culture donne dans le domaine de l’unité du pays, dans le domaine économique, mais aussi dans le domaine de la création de l’emploi. »

Poursuivant sur le rôle de la formation et du développement des compétences, Fodéba Isto Keïra a ajouté :

« Aujourd’hui, le capital humain qui est une priorité du gouvernement, du président Mamadi Doumbouya, dans le projet Simandou 2040, est une préoccupation aussi du comité de rédaction, le comité scientifique de l’Institut supérieur des arts de Dubréka, qui est en train de faire un travail remarquable, qui va écouter, qui va enregistrer et qui mettra un document à la disposition des étudiants et des hommes de culture de notre pays pour que chacun puisse s’approprier l’histoire culturelle de notre pays. »

Par ailleurs, cette première journée a été animée par d’éminents hommes de culture et de médias, notamment : le producteur français et fondateur du mythique studio JBZ en Côte d’Ivoire, Jacques Bizollon de Zuénoula, Justin Morel Junior, Alpha Traoré, Dr Faya Pascal Ifono et Jean-Baptiste Williams.

Les travaux se poursuivront ce vendredi 23 octobre au Musée national de Sandervalia.

Aboubacar Fodé Bangoura