Le 18 octobre restera à jamais une date gravée dans la mémoire du peuple sud-africain et de tous les amateurs de reggae à travers le monde. Cela fait déjà 18 ans que la légende Lucky Dube a été tragiquement arrachée à l’affection des siens, tuée par balle à Johannesburg.
Né le 3 août 1964 à Ermelo, en Afrique du Sud, Lucky Philip Dube de son nom complet s’est imposé comme l’une des figures majeures de la musique africaine, souvent considéré comme l’un des trois plus grands noms du reggae sur le continent aux côtés d’Alpha Blondy et de Tiken Jah Facoly.
C’est sur les bancs de l’école que sa passion pour la musique prend forme, lorsqu’il fonde le groupe Skyway Band avec ses camarades. Plus tard, à l’adolescence, il intègre la formation de son cousin, The Love Brothers, qui explore le Mbaqanga, un genre musical traditionnel aux racines zouloues. C’est au sein de ce collectif qu’il enregistre ses tout premiers morceaux et sort son premier album, Lucky Dube and The Supersoul, à l’âge de 18 ans.
Au cours d’une carrière riche et prolifique, il laissera derrière lui une discographie impressionnante de 21 albums, parmi lesquels :
Lengane Ngeyethu (1981)
Rastas Never Die (1984)
Slave (1987)
Prisoner (1989)
House of Exile (1991)
Victims (1993)
The Way It Is (1999)
Respect (2006)
Le 18 octobre 2007, le destin de l’artiste bascule tragiquement. Lucky Dube est froidement assassiné à Rosettenville, dans une banlieue de Johannesburg, au cours d’une tentative de vol de voiture, sous les yeux impuissants de ses deux enfants, Thokozani et Nonkululeko, qui se trouvaient alors à bord du véhicule.
Face à cette onde de choc mondiale, la justice sud-africaine a rendu son verdict en avril 2009 : S’fiso Mhlanga, Ludwa Gxowa et Mbuti Mabe ont été reconnus coupables de son meurtre et condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité.
Au-delà de sa musique engagée, Lucky Dube avait une vision très personnelle du mouvement rasta, qu’il résumait ainsi :
« Si être rasta, c’est avoir des dreadlocks, fumer de la ganja et se saouler, alors je ne suis pas rasta. Je suis rasta, si être rasta c’est une conviction, une façon saine d’être. »
En reconnaissance de son immense contribution culturelle et de son rayonnement international, l’Afrique du Sud lui a décerné un prix posthume pour l’ensemble de sa carrière. Dix-huit ans après sa disparition, les mélodies et le message de paix de Lucky Dube continuent de résonner dans le cœur de millions de fans à travers le globe.
Aboubacar Fodé Bangoura




