Membre emblématique d’Ideal Black Girls, le tout premier groupe féminin à avoir marqué l’histoire du rap national, Deen s’adresse avec bienveillance et fermeté à la nouvelle vague de rappeuses guinéennes. À travers un message fort, l’artiste revient sur les épreuves du passé pour mieux guider la jeunesse vers une carrière saine et engagée.

À une époque où la musique urbaine au féminin se heurtait aux préjugés sociaux et aux réticences familiales, mener de front les études et la création artistique relevait du parcours du combattant. Deen rappelle avec fierté la rigueur nécessaire pour imposer le talent féminin dans un milieu majoritairement masculin :

« À la nouvelle génération, je dirai de prendre du courage. À notre époque, ce n’était pas facile pour une femme de faire du rap. Nous étudiions, nos parents ne voulaient pas qu’on fasse de la musique. Mais nous allions à l’école, puis au studio. Nous donnions le meilleur de nous-mêmes. Tout est une question de courage : tout ce que l’on aime, on finit par le réaliser, car pour nous, la musique est une vraie passion. »

Au-delà de la persévérance, la doyenne insiste sur la responsabilité morale des artistes vis-à-vis de leur public. Elle invite la relève à fuir les clashs et les insultes pour privilégier des textes porteurs de sens et ancrés dans les réalités du quotidien :

« Je conseille aux jeunes rappeuses de chanter sur l’actualité, de ne pas attaquer les gens dans la musique, de ne pas insulter, mais simplement de chanter et de suivre les traces que nous avons laissées. Nous n’avons jamais fait de mal à personne à travers notre musique. »

Les mélomanes pourront retrouver Deen en concert les 30 et 31 octobre à l’hôtel Mariador Palace ainsi qu’au Palais du Peuple, dans le cadre de la première édition de Guinée Old School.

Aboubacar Fodé Bangoura