À l’occasion de la Journée internationale du reggae, la star ivoirienne a réaffirmé avec force la nature profondément contestataire de sa musique, s’érigeant en rempart contre toute tentative de récupération commerciale ou politique.

La célébration de la Journée internationale du reggae, le 1er juillet, a pris une tournure résolument politique sous la plume de Tiken Jah Fakoly. Sur ses réseaux sociaux, l’icône de la musique engagée a adressé un message sans équivoque à sa communauté. Connu pour son franc-parler légendaire, le reggaeman ivoirien a profité de cette date symbolique pour rappeler l’essence même d’un genre musical né dans la contestation et la marginalité.

C’est sur sa page Facebook officielle que l’artiste a publié une déclaration solennelle, résonnant comme un véritable serment de résistance : « Personne ne pourra récupérer le reggae tant qu’on sera en vie. Merci à tous pour vos messages pour la journée internationale du reggae hier. » Par ces mots, l’interprète de Mangercratie se positionne une nouvelle fois en gardien du temple, refusant de voir cette musique réduite à un simple produit d’ambiance ou à un outil de propagande.

Pour Tiken Jah Fakoly, le reggae demeure avant tout un vecteur d’éveil des consciences et une arme de dénonciation massive des injustices. En lançant cet avertissement, il cible directement ceux qui tenteraient d’en lisser le discours ou d’en gommer la substance révolutionnaire. L’artiste rappelle que ce genre, de ses racines jamaïcaines à son adoption massive sur le continent africain, a toujours été et doit rester la voix des opprimés.

Digne héritier de figures tutélaires telles que Bob Marley ou Alpha Blondy, le chanteur incarne depuis des décennies un reggae africain lourd, orthodoxe et sans concession. À travers une discographie marquée par des albums cultes comme Françafrique ou Le monde est chaud, il prouve que les années de carrière n’ont en rien altéré sa verve ni sa ferveur militante. Ce dernier coup de gueule démontre que la flamme de la révolte brûle toujours avec la même intensité.

Au-delà de la mise au point idéologique, cette sortie textuelle témoigne également de la profonde gratitude de l’artiste envers son public. En remerciant chaleureusement ses milliers de partisans pour leur soutien indéfectible, le « Descendant de Fakoly » scelle à nouveau un pacte de fidélité fondé sur des valeurs communes de liberté et de justice. Une communion qui prouve que le reggae authentique et rebelle a encore de beaux jours devant lui.

Aboubacar Fodé Bangoura