Ce mercredi 13 avril 2022 marque l’an six de l’existence du premier village rasta de Guinée. A l’occasion de son anniversaire, on vous le fait découvrir. Fondé depuis le 13 avril 2016, ‘’Faso Kele’’ est situé à 135 km de Conakry dans la préfecture de Kindia. Dans la ville des agrumes, ce village art et écologie se trouve dans le secteur de Banaya, district de Kondeyah dans la sous-préfecture de Samaya.

A ‘’Faso Kele’’, habite un petit nombre de la communauté rasta vivant de l’agriculture et de l’élevage. Dans ce village, les rastas protègent l’écosystème et s’abstiennent de manger  le poisson et la viande.

« Protéger l’écosystème nous empêche de faire beaucoup de choses. Sinon le poisson et la viande sont doux, mais le côté sanitaire et écologique fait défaut. Ils doivent être protégés que de les tuer. On se bat pour que ce principe soit respecté au village.»

Dans le mouvement rastafari, il n’y a pas seulement que de la ganja, les dreadlocks…Chez les rastas, la générosité est une tradition. C’est pourquoi à Faso Kele : « les logements sont gratuits. On ne paye rien. C’est un village rasta où nos enfants doivent grandir en harmonie. C’est un site touristique, mais pas comme les autres. Kurukan Fuga (Faso Kele) est un monde meilleur, un mode de justice, d’amour, de solidarité. Ça veut dire que nous sommes là pour tout le monde.», nous confie Gbassycolo Kakoulima Konate, l’un des fondateurs de Faso Kele.

Comment est né ce village ?

« Tout a commencé lorsque je faisais le rap et je suis parti en exil. Suite à cela, je me suis converti dans le mouvement reggae et je m’étais dit de fonder mon propre groupe. Parce que ce genre musical part avec le live. Je voulais faire le reggae traditionnel, c’est ainsi j’ai créé le groupe ‘’Faso Kele’’. J’étais le leader vocal. Avec mes amis, on a scionné un peu partout en Afrique. ‘’Faso Kele’’ est composé de différentes nationalités. Moi qui ai créé, je suis guinéen. A cette époque, il y avait un autre guinéen, un malien, deux burkinabé, un ivoirien, un gabonais et un camerounais.»

Poursuivant son explication : « Comme nous sommes un groupe et on vivait ensemble, on a décidé au Mali d’aller au village, on est parti s’installer dans un village en faisant de l’agriculture et l’élevage. C’est de là l’idée de la création du village rasta est née. On s’était dit entant que rastas et des écologistes pourquoi ne pas créer un village art et écologie ? C’est-à-dire créer un environnement sain et durable pour nous et pour nos enfants. On avait réfléchi avant de se lancer dans un projet d’album ou d’aller en occident, on s’est fixé de créer un environnement sain là où nous respecterons l’écosystème. Mais aussi où réunir le mouvement rasta autour d’un idéal pour le bien-être du mouvement rasta, du panafricanisme et l’humanité tout entière.»

Faso Kele: 13 avril 2016

« Le village existe depuis le 13 avril 2016. Le terrain a été acheté par l’effort de tout le monde. Tout ce qu’on gagnait dans les concerts et dans nos activités artisanales, on a tout réuni pour acheter le terrain. Tous les papiers ont été faits. Sur les documents, c’est écrit village art et écologie.», nous a expliqué  Gbassycolo Kakoulima Konate.

A part les quelques cases construites sur ce grand espace délimité par une chaîne de montagne, un fleuve : « tout rasta est appelé à venir et même s’il ne peut pas construire et ceux qui peuvent aussi, pourront y venir tant qu’il y a de la place. Parce que c’est un village rasta battu par les rastas. Tous les rastas sont les bienvenus, parce que nous ne pourrons pas tout construire.», nous rassure le président du Mouvement Rasta de Guinée (MOURAG).  

Pour contribuer au développement de la préfecture de Kindia en général et Samaya en particulier, cette communauté a lancé les travaux de construction d’un centre de formation pour permettre aux femmes de la sous-préfecture d’apprendre la couture et d’autres métiers. Comme projets à long terme, ils projettent la construction d’une école, un centre de santé, un espace culturel, des entreprises de construction et d’agrobusiness pour pouvoir servir le rastafari et les non rastas.

A souligner que, ce village est entièrement alimenté grâce à l’énergie solaire. A la tombée de la nuit ou les matinées, ces rastas organisent des séances de ‘’NyaBinghy’’ pour chanter les louanges de JAH RASTAFARI.

Pour rappel, le mouvement rastafari est un mouvement social, culturel et spirituel qui s’est développé à partir de la Jamaïque dans les années 1930. Au xxe siècle, ce mouvement a été mondialement popularisé à travers le succès de Bob Marley.

Aboubacar Fodé Bangoura

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