À l’occasion de l’anniversaire de la disparition de son père, coïncidant paradoxalement avec la réception de nouvelles certifications musicales, l’artiste camerounais Locko s’est livré comme rarement dans un message d’une rare intensité. Entre douleur du deuil, aveu de vulnérabilité et promesse de renaissance, le chanteur fait tomber le masque.
C’est un texte brut, sans filtre, que Locko a partagé avec sa communauté. Un cri du cœur où le succès professionnel se heurte brutalement à la réalité d’une blessure jamais cicatrisée : l’absence d’un père. Avec une sincérité désarmante, l’artiste met en lumière le contraste saisissant de sa journée : « En ce jour où je reçois des certifications importantes pour mon parcours et mon catalogue, c’est aussi le jour où nous commémorons ton départ… et où je repense au plus grand vide de ma vie : le jour où j’ai perdu mon père. »
Au fil des mots, la star de l’Afropop dévoile une facette méconnue de son quotidien, loin des projecteurs et du strass. Il confie à quel point le temps, loin de guérir les maux, a parfois alourdi le fardeau. « Plus les années passent… et bizarrement, plus l’absence pèse. Plus la colère grandit et détruit. Plus l’amertume trouve sa place dans des coins que même moi je ne comprends pas toujours », écrit-il, avouant qu’à cette date précise, il redevient « ce petit garçon qui a perdu son guide. Sa lumière. Sa direction. »
Derrière le deuil, Locko lève aussi le voile sur une crise plus profonde, une période de doutes où l’homme et l’artiste se sont cherchés, confrontés aux dures réalités de l’industrie et de l’entourage. Évoquant les trahisons et les déceptions nées après le départ de son mentor, il pose un diagnostic lucide sur ses propres dérives : « Aujourd’hui, pendant que certains essaient de m’enterrer, je dois aussi reconnaître une vérité : ces dernières années, c’est moi-même qui ai failli m’enterrer. J’ai oublié qui je suis. J’ai oublié ce que toi, tu voyais en moi. » Un égarement qui donne une résonance toute particulière à son célèbre gimmick : « “Ils ne savent pas.” Ce n’était pas juste un slogan. C’était la vérité. »
Pourtant, loin d’être un simple message de lamentation, cette sortie solennelle marque un véritable tournant, une volonté ferme de reprendre les rênes de son destin et de faire honneur à la mémoire paternelle. Pour Locko, le deuil laisse désormais place à la lumière.
« Mais aujourd’hui n’est plus un jour de deuil. Aujourd’hui est une célébration. Je célèbre le grand homme que tu étais. Et je célèbre celui que je redeviens enfin. »
En annonçant qu’il s’autorise à pleurer et à être faible « pour la dernière fois », l’artiste prend un engagement sacré envers lui-même et envers son public. La conclusion, incisive et déterminée, résonne comme un avertissement et une promesse de retour au sommet : « Je n’oublierai plus jamais le roi que tu voyais en moi. Je n’oublierai plus jamais qui je suis. “Ils ne savent pas…” Mais il est temps qu’ils découvrent. »
Le message est passé, l’émotion reste. Locko n’a pas fini de faire parler de lui, et le public attend déjà de découvrir la suite de cette évolution.
Aboubacar Fodé Bangoura




