Les membres du « Fragmentisme » continuent à défendre leur mouvement. Après Mohamed DIOUMESSY et Ousmane Moustapha SYLLA, c’est le tour d’Ahmed Sékou DIANE de prendre la parole.
Le « Fragmentisme », dirigé par Mohamed Dioumessy, est un mouvement littéraire et philosophique né en Guinée, qui propose une vision de la vie comme une entité non linéaire et discontinue.
Pour Ahmed Sékou DIANE, auteur et amoureux de la lecture, le Fragmentisme ne se réduit point à un simple courant de pensée : « il constitue une véritable expérience existentielle. En affirmant que le présent est la seule réalité, je tiens à rappeler que chaque instant vécu recèle en lui la totalité de l’humanité.
Habiter pleinement l’instant, c’est déjà embrasser le sens profond de l’existence.
Dans l’histoire de la pensée, chaque époque a vu surgir des écoles et des doctrines capables de remettre en question les certitudes établies et d’ouvrir de nouvelles perspectives à l’intelligence humaine. Aujourd’hui, c’est depuis Conakry qu’émane un souffle intellectuel inédit : le fragmentisme, mouvement littéraire et philosophique conduit et approfondi sous la houlette éclairée de Mamady DIOUMESSY, figure éminente et chef de file reconnu. Cette école naissante propose une lecture originale de l’existence, une vision qui bouleverse nos rapports au temps, à la vie et à l’espérance.
La vie comme discontinuité
Au cœur de la pensée fragmentiste se trouve une affirmation capitale : la vie n’est point linéaire.
Contrairement aux philosophies traditionnelles, qui ont longtemps cherché à imposer à l’existence humaine une cohérence et une finalité supposées, le fragmentisme soutient que l’existence se compose de fragments. Chaque instant se présente comme une parcelle isolée, sans nécessairement s’inscrire dans une logique de continuité.
Dès lors, l’existence ne se conçoit plus comme un récit unique et homogène, mais comme une succession de moments disjoints, de ruptures et d’instants épars. Vouloir à tout prix y discerner une unité définitive relève de l’illusion. Le fragmentisme propose ainsi une ontologie nouvelle : la réalité se présente comme une mosaïque de fragments qu’il convient d’accueillir dans leur singularité.
Le rejet de l’illusion de l’espérance
Une autre dimension essentielle de cette doctrine réside dans sa critique de l’espoir utopique.
Les philosophies idéalistes ont souvent érigé l’espérance en moteur de l’existence : attendre un futur meilleur, croire en une harmonie prochaine, placer ses forces dans des lendemains supposés radieux. Or, pour le fragmentisme, cette posture est aliénante : elle détourne l’homme de la seule réalité véritable, le présent.
En projetant sans cesse la conscience vers un avenir hypothétique, l’espérance prive l’être humain de la plénitude de l’instant vécu. La vie se réduit alors à une attente interminable, à une promesse jamais tenue, à une fuite en avant. Contre cette logique, la pensée fragmentiste proclame que le présent est le seul temps réel, le seul sur lequel l’homme peut agir, créer, aimer et exister pleinement.
Un humanisme radical
Loin d’être une philosophie du désespoir, le fragmentisme se veut, au contraire, une célébration de la dignité humaine. Reconnaître la fragilité et la discontinuité de l’existence, c’est admettre que l’homme n’a nul besoin de l’illusion d’une permanence pour être grand. C’est accepter que sa condition, marquée par l’imperfection et l’inachèvement, recèle une richesse insoupçonnée.
Cet humanisme radical, pensé en étroite collaboration avec Mamady DIOUMESSY, invite à embrasser la vulnérabilité non comme une faiblesse, mais comme la vérité la plus authentique de l’humain. En ce sens, le fragmentisme ne déconstruit point pour désespérer : il ouvre une voie d’émancipation. Il libère l’homme de la tyrannie du futur et lui enseigne à conférer sens et valeur à l’instant présent.
Une pensée enracinée en Afrique et ouverte au monde
Ce qui rend le fragmentisme particulièrement remarquable, c’est son enracinement. Il ne naît point dans les amphithéâtres des grandes universités occidentales, mais dans le terreau fertile de Conakry, au sein des réalités africaines contemporaines. Cette origine lui confère une force singulière : il exprime le vécu fragmenté de sociétés confrontées à l’incertitude, aux ruptures et aux défis multiples.
Loin d’imiter des modèles venus d’ailleurs, Mamady DIOUMESSY et ses compagnons démontrent, à travers ce mouvement, que l’Afrique n’est pas seulement capable de produire des philosophies originales, mais qu’elle peut offrir au monde des concepts d’une portée universelle. En affirmant la primauté du présent et l’acceptation de la fragilité, le fragmentisme s’adresse ainsi à toute l’humanité.
Une nouvelle voie pour penser l’existence
Le fragmentisme ouvre un horizon inédit. En proclamant que le présent est la seule réalité, il libère la pensée des illusions paralysantes et propose une philosophie du quotidien, à la fois simple et profonde, enracinée dans l’expérience humaine concrète. Mouvement en gestation, mais déjà fécond, il annonce une véritable révolution intellectuelle, plaçant Conakry au centre de la création philosophique contemporaine.
Le fragmentisme n’est point seulement une théorie :
il est une invitation à vivre autrement, à reconnaître que nos vies sont composées de fragments précieux, et que c’est dans l’instant présent que se joue l’essentiel, sous la guidance éclairée de Mamady DIOUMESSY. »
Aboubacar Fodé Bangoura




