Le fragmentisme est dès à présent un mouvement littéraire et purement philosophique consistant à limiter chaque partie de la vie en ses bribes qui la constituent. C’est un raisonnement consistant, constructif cherchant à relier tout un ensemble par différentes formes, selon l’intensité et la fréquence.
Ousmane Moustapha Sylla, membre de ce courant littéraire et philosophique inscrit le Baguisme(doctrine) dans le fragmentisme pour donner une vision éclairée sur le revers de l’amour, tout en s’accentuant sur le côté sombre, lugubre et inattendu de toutes ces affections que l’on qualifie d’amour.
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Si ces grands philosophes tels que : Jean-Jacques Rousseau, Emmanuel Kant, Arthur Schopenhauer, Jean-Paul Sartre offrent des perspectives différentes sur l’amour, remettant en question la notion d’amour idéalisé pour en venir à la conclusion qu’il soit une illusion, Ousmane Moustapha Sylla pousse le piston à l’extrême pour le qualifier d’inexistant. Il affirme que : « l’amour n’existe pas, tout n’est que revers ». Il est d’une façon de penser et de s’offrir une raison de vivre, comme un espoir qui jaillit dans le cœur d’un esclave, que cette chaîne qui relie les mains aux pieds se brise un lendemain, tout en voyant cette lame tranchante sévir sur sa gorge. Si l’amour est comme un espoir, et que l’espoir fait vivre, pourquoi l’amour détruit et parfois, conduit au suicide (la mort) ? Vivre et mourir sont deux choses contraires. Et si l’amour est comme du bonheur, et que l’homme reste son éternel chercheur, pressé par l’interminable insatisfaction, caractérisée par l’égoïsme, comment voulez-vous l’en trouver ? Tout n’est que revers puisque ces éléments de la souffrance : les pleurs, les déceptions, les tristesses et le suicide sont toujours présents, ce qui n’est jamais dans les prévisions d’aimer. Ousmane Moustapha Sylla rejette catégoriquement cette affirmation: « l’amour c’est la souffrance » ou « pour aimer, il faut souffrir ». Une chose ne peut jamais être son contraire, à moins que l’on sache déjà qu’on se trompe. Le bien n’est point mal, et si le mal s’associe au bien, tout devient mal. Exemple : l’eau potable est destinée à la consommation. Essayons alors de la mélanger avec un peu d’eau souillée. Serait-elle toujours buvable ? Pourquoi vous ne la boirez plus ? Parce qu’elle devient tout simplement toxique, donc nuisible. On la jette, parce qu’inconsommable.
Selon lui, l’amour, pour qu’il existe devrait avoir des événements strictement linéaires, suivant ainsi ses principes comme suit: l’amour, la joie, le bonheur (l’amour qui se ramène immédiatement au bonheur). Comme pour dire : un seul amour pour l’éternité. S’il ne s’agit pas de cela, pourquoi l’amour ? Puisqu’on vit ce qu’on ne pense pas. L’amour dans la tête, n’est pas celui de la réalité. D’où le thème du Revers. Il vous rassure d’une chose en déclarant ceci: « l’amour est une inexistence sensée» . Il consiste à nourrir la mentalité humaine pour donner un sens à sa vie. Il n’est pas, mais donne une raison fantôme d’apercevoir le côté paradisiaque à la vie humaine.
Le revers est donc un mal, il faut l’accepter et le vivre comme tel…c’est aussi une manière de céder à la vérité face à la réalité pour qu’on ne se suicide plus, pour qu’on ne pleure plus et pour qu’on n’en veuille plus à qui que ce soit. Le problème n’est plus de chercher l’amour, mais plutôt la comptabilité. C’est partant de cette logique que Ousmane Moustapha Sylla donne pour principe du Revers :
La Revo-compatibilité: mot composé qui ramène le Revers à la compatibilité. Parce qu’il n’est plus question d’amour, mais d’acceptation. D’où le Revers et l’acceptation. Oui, les sentiments s’estompent, se désorientent mais l’acceptation même dans la souffrance qui est Revers constitue le socle d’une relation inébranlable. La question de la Revo-compatibilité est objective, nous préparant en mentalité de rester avec la personne malgré ses imperfections. Être conscient de la souffrance et rester.
Ousmane raisonne que l’amour que l’on prétend vivre marqué par les fragments d’événements, d’émotions ne peut être appelé Amour, plutôt de la passion ou une relation passionnelle de par leurs ruptures discontinues. Basant sur des principes suivants:
L’amour et déséquilibre:
Aucun instrument de mesure de l’amour n’affiche le même degré de sentiments que peuvent ressentir deux personnes qui s’aiment. Pas de réciprocité, il y a forcément une qui aime le plus et l’union finit par se dénouer.
L’amour et la jalousie:
On dit que quand on aime, on est jaloux. La jalousie est une forme possessive. Et vouloir posséder une personne devient ennuyant. Et c’est là que l’obsession s’ancre en la personne et la relation se voit toxique. La Revo-compatibilité pourrait nous épargner de cette obsession qui n’est en rien. Et que tout dépend de nos, chacun est libre de ses choix.
L’amour et infidélité:
Tant que nous avons des yeux pour voir, le cœur pour apprécier, la fidélité n’en reste point. L’homme est un éternel chercheur de beauté. Et dehors il y aura forcément plus beau que ce que l’on a. Il finirait par s’approprier de ce qu’il trouve joyeux en rejetant ce qu’il a. Un amour décoré par l’infidélité n’est que toxique, la ruine. Les gens désertent pour cela, mais attention, la Revo-compatibilité pourrait aider à rester. Que l’infidélité ne brise aucune relation.
L’amour et déception:
D’aucun ne réussit le premier amour. Comme s’il fallait tomber une prochaine fois amoureux. Le premier amour semer, est la première déception récoltée. Au juste, faut-il tomber amoureux combien de fois dans la vie? Y a-t-il un nombre exact ? La Revo-compatibilité nous donne cette force qu’une déception n’est pas aussi forte qu’on le craint.
L’amour et la haine:
Plus on aime, plus la déception sera atroce. Après l’amour c’est la haine. Deux personnes s’aimant sincèrement se haïront après rupture. Si on accepte la Revo-compatibilité, aucune haine ne pourrait s’emparer à nous.
Le fragment comme Baguisme (Revers) est le changement brusque d’un moment fort (rire, joie, le désir, le plaisir) à un moment creux (la tristesse, la détresse, la déception et voire le suicide), c’est de la cascade sentimentale. Comme un bien qui engendre un mal…l’Amour, une inexistence sensée.
AFB




