C’est un tournant historique pour l’administration guinéenne. Ce mercredi, le gouvernement a officiellement lancé le chantier de la numérisation des archives de l’état civil. Menée par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, via l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI), cette réforme d’envergure s’affiche sous une ambition claire : « Un Guinéen, une identité juridique et numérique ».
L’initiative vise avant tout à simplifier la vie des citoyens tout en sécurisant l’administration publique. Grâce à cette modernisation, l’État guinéen compte :
Attribuer un Numéro d’Identification Unique (NIU) à chaque citoyen, actif tout au long de sa vie.
Sécuriser les données personnelles et fiabiliser les actes d’état civil.
Éradiquer la fraude documentaire ainsi que les risques d’usurpation d’identité
Pour Kemoko Dioubaté, Directeur général de l’ONECI, cette numérisation va assainir durablement le système :
« Cette réforme mettra définitivement un terme à la multiplication frauduleuse des actes de naissance. En garantissant une identité unique à chaque Guinéen à travers une base de données nationale sécurisée, nous protégeons les droits de nos citoyens et redonnons toute sa crédibilité à notre administration. »
De son côté, la Directrice générale des élections, Djenabou Touré, a mis en lumière les bénéfices démocratiques et sécuritaires de ce projet. La création d’un registre national permanent des personnes physiques permettra notamment de tenir le fichier électoral à jour en temps réel.
« En cas de perte, les citoyens pourront récupérer instantanément leurs documents grâce à cette base de données sécurisée. De plus, le contrôle rigoureux des pièces d’identité renforcera directement la sécurité nationale. »
L’implémentation de ce nouveau système repose sur un parcours citoyen bien défini et un déploiement progressif :
Dès l’âge de 10 ans : Enregistrement obligatoire des données biométriques des enfants dans le registre national.
À la majorité (18 ans) : Inscription automatique et transparente sur les listes électorales.
Déploiement géographique : L’opération sera progressivement étendue aux 33 préfectures du pays ainsi qu’aux 13 communes de la capitale, Conakry.
Pour réussir ce pari technologique, Mme Touré a d’ailleurs lancé un appel pressant aux maires et conseillers communaux afin qu’ils s’approprient et soutiennent cette transition sur le terrain.
En posant les bases de ce système moderne et inclusif, la Guinée franchit une étape décisive vers une gouvernance plus transparente, connectée et au service exclusif de sa population.
La rédaction




