Chaque vendredi, Djely Fodé Kouyaté et son orchestre Kiriköröba Nyalen Lonkassiya se produisent au complexe culturel Grand Palmier de Kobayah (Conakry). Le week-end dernier, l’équipe de Tabouleinfos a assisté à l’une de ces soirées mémorables. L’occasion idéale pour tendre notre micro au célèbre griot de Kissifaramaya.

Dans cet entretien exclusif, l’artiste revient en détail sur les ambitions de ce rendez-vous musical hebdomadaire, baptisé Le Vendredi Gala des Souvenirs. Au-delà de la scène, la vedette se livre à cœur ouvert sur ses combats intimes : son plaidoyer vibrant pour la paix et l’unité nationale, son soutien indéfectible à la vision politique du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, ainsi que ses propres ambitions politiques pour porter la voix des artistes à l’Assemblée nationale.

Tabouleinfos : Pouvez-vous revenir pour nous sur la portée de cette soirée ?

Fodé Kouyaté : Cette soirée a pour but de nous référer au passé pour construire l’avenir. Comme l’a dit le Président Mamadi Doumbouya, la Guinée doit s’inspirer de son passé pour bâtir l’avenir du pays sur tous les plans, notamment culturel et, en particulier, musical.

J’ai créé le « Vendredi Gala des Souvenirs » afin de montrer à la nouvelle génération la façon dont nous avons travaillé hier, un travail qui berce aujourd’hui trois générations. Même nos petits-enfants, de nos jours, peuvent danser sur les morceaux qui ont été chantés à l’époque.

Quand je vois que mon propre fils aime Mobéni baralé d’Aboubacar Demba Camara — paix à son âme —, je me dis que ces devanciers ont vraiment travaillé. Nous avons voulu rendre hommage à cela : à Sory Kandia Kouyaté, à ma mère Hadja Mama Kanté, à Diara Kanté ou encore à Facely Kanté, qui ont tous été de grandes vedettes de ce pays.

On peut dire que l’héritage qu’ils nous ont légué a été pensé pour aujourd’hui. Nous devrions, nous aussi, penser à demain et à l’avenir de ce pays ; de façon générale sur le plan culturel, mais plus particulièrement à travers la musique.

Tabouleinfos : Vous avez enflammé la toile et le public a répondu présent en très peu de temps. Quelle est la force de Fodé Kouyaté, et quel message avez-vous à passer pour la paix et l’unité nationale ?

Fodé Kouyaté : J’ai toujours lutté pour la paix, cela ne date pas d’aujourd’hui. Je me suis toujours battu pour la cohésion sociale dans ce pays. Je veux dire par là que nous sommes une seule et même famille.

J’ai toujours pris mon propre exemple : je suis né d’un père de Kouroussa, en Haute Guinée, et d’une maman de la Forêt, à Kissidougou, et je suis moi-même né à Conakry, à l’hôpital Ballay, l’actuel Ignace Deen. Mon épouse, elle, vient du Fouta. Donc, la Guinée ne peut être qu’une famille. C’est la raison pour laquelle je me suis toujours battu, corps et âme, bec et ongles, pour que les Guinéens puissent comprendre que nous sommes vraiment unis. Les Guinéens n’ont nulle part où aller ; partout où les autres peuvent se rendre, les Guinéens, eux, n’ont que la Guinée.

C’est pourquoi j’apprécie la vision et le leadership du Président Mamadi Doumbouya, qui ne raisonne pas en termes de peuples malinké, soussou ou forestier. Il nous a dit que nous sommes une famille, et c’est la vérité. Depuis son arrivée jusqu’à aujourd’hui, avez-vous entendu quelqu’un catégoriser un autre selon son ethnie ? Il n’y en a pas. Ceux qui pensent encore ainsi ne participeront plus au développement de ce pays, parce que Dieu aime la Guinée. Alors, les Guinéens doivent savoir aimer la Guinée et se donner la main.

Tabouleinfos : Les élections approchent. Vous n’êtes pas candidat, mais vous apportez un soutien fort au pouvoir du Général Mamadi Doumbouya (GMD). Quel message adressez-vous aux candidats, mais aussi au peuple guinéen ?

Fodé Kouyaté : La raison d’être et la vision de cette soirée reposent sur la vision du Président, le Général Mamadi Doumbouya. Lorsqu’il dit de se référer au passé pour construire l’avenir, cela s’inscrit également dans le cadre du soutien aux candidats du GMD. Il faut permettre à cet homme de réaliser sa vision. Pour ce qu’il souhaite au peuple de Guinée, acceptons de lui laisser les coudées franches.

Naturellement, il doit y avoir des contre-pouvoirs. Je sais bien qu’il n’y a pas de pouvoir sans contre-pouvoir, mais permettons-lui de travailler. Acceptons de lui donner la majorité. C’est pourquoi, aujourd’hui, vous l’avez remarqué : on l’a chanté, on a parlé de sa vision et de ce qu’il représente pour la Guinée.

Cette soirée s’organise donc sur la base du soutien à tous les candidats du GMD. Le vendredi passé, c’était le candidat du GMD, El Hadj Imourana Traoré, de Sonfonia — ma commune —, qui était le parrain. La prochaine fois, nous avons l’intention d’inviter la mouvance présidentielle UMP du docteur Dansa Kourouma. Voilà un exemple. Il faut accepter de lui confier la présidence de l’Assemblée nationale, il doit l’assumer.

Pendant ces quatre ans, nous avons vu l’inclusion des personnes en situation de handicap. Même les aveugles peuvent être députés en Guinée. Durant cette campagne, vous avez vu des personnes handicapées se porter candidates. Cela me donne la chair de poule. Un homme qui a pensé à cela démontre que sa vision est celle que je veux aider à réaliser. Acceptons donc de lui donner la tête de l’Assemblée.

Tabouleinfos : À l’avenir, auriez-vous l’intention de briguer un siège à l’Assemblée pour devenir législateur au nom des artistes et porter la voix de la culture ?

Fodé Kouyaté : Bien sûr, je le souhaite vivement. Cette fois-ci, je n’ai pas voulu me lancer compte tenu de nombreux facteurs. J’ai d’abord envie que la vision du Président, le Général Mamadi Doumbouya, se réalise. C’est la raison pour laquelle je suis resté dans le camp des soutiens. Sinon, je suis tout à fait capable de défendre la culture partout dans le monde.

Je connais profondément la culture guinéenne, je suis né dedans. J’ai le sang de la culture guinéenne, tant du côté paternel que maternel. Tous mes arrière-grands-parents étaient des auteurs-compositeurs de chansons traditionnelles, exploitées par beaucoup d’artistes, y compris moi-même. Donc, si j’ai accepté de rester en tant que soutien, c’est pour cette cause.

Je pense que la prochaine fois, je pourrai me présenter comme candidat à la députation, oui, parce que je peux défendre la culture guinéenne. J’ai des documents que j’avais déjà proposés à l’époque du président Lansana Conté. J’ai des idées que j’avais énumérées en ce temps-là mais qui n’avaient pas été soutenues, parce qu’on pensait que nous, les musiciens ou les acteurs culturels, n’avions pas notre place à l’Assemblée.

Mais grâce à la vision du Président, le Général Mamadi Doumbouya, vous avez vu que le Dr Dansa a introduit des réformes, et nous avons désormais des hommes de culture à l’Assemblée, comme Mamadou Thug. C’est notre génération. Nous pouvons dire que le Président Mamadi Doumbouya a pensé aux artistes, et cela se passe au vu et au su de tout le monde. Sans exception, nous le défendrons, corps et âme, bec et ongles, car nous considérons qu’il incarne le bonheur de la Guinée.

Propos recueillis par l’équipe de Tabouleinfos.com