Diplômée en gestion d’entreprise et en enseignArtisanatement général, Fofana Oumou est une crocheteuse passionnée, entrepreneure et fondatrice de la marque « Soulchet ». La styliste guinéenne s’apprête à participer à la 4e édition de la Nuit des Artisans au Togo, prévue les 14, 15 et 16 août prochains. Pour évoquer les coulisses de sa préparation et les ambitions derrière sa marque, l’équipe de Tabouleinfos.com est allée à sa rencontre. Portrait d’une créatrice engagée qui, au-delà de l’artisanat et de la mode, évolue également dans le milieu du bénévolat depuis neuf ans.
Oumou Fofana a découvert le monde du crochet il y a quatre ans. Si ses débuts ont été modestes, sa vision, elle, était déjà bien définie :
« Au début, c’était quelque chose que je faisais un peu petit à petit. Mais j’avais une vision pour le crochet, parce que je savais que c’était une activité qui était mise à l’écart. »
Cette vision consiste à briser les clichés traditionnels pour imposer le crochet sur la scène de la haute couture :
« C’était de montrer et prouver qu’avec le crochet, on peut faire autre chose que des pulls ou des nappes. J’ai voulu créer des habits et des chaussures pour prouver au monde que le crochet a sa place dans la mode. »
Derrière le nom de sa marque se cache une symbolique touchante et une véritable identité culturelle :
« Soul, c’est le nom de mon papa, et en anglais, cela signifie aussi l’âme. Chet, c’est pour le crochet. Soulchet est une entreprise artisanale où le crochet est mélangé aux pagnes africains pour concevoir des vêtements ancrés dans la modernité et le style contemporain. »
Sélectionnée pour représenter son pays à la 4e édition de la Nuit des Artisans au Togo, la styliste ne cache pas sa fierté et affiche des ambitions claires :
« C’est un honneur d’être choisie. Cela prouve que Soulchet est en pleine expansion. Représenter la Guinée à l’international, c’est montrer le potentiel de notre mode artisanale. Je veux valoriser ce mélange entre le crochet et nos tissus locaux comme le lépi ou le forêt sacrée. Représenter la Guinée aujourd’hui est une fierté. Mon objectif est de revenir avec des trophées et de faire honneur à notre drapeau. »
En guise de conclusion, Fofana Oumou lance un vibrant plaidoyer pour la reconnaissance de son art et le soutien des talents locaux :
« Le message que je voudrais faire passer, c’est le soutien. Le crochet n’est pas encore vraiment reconnu. À travers lui, j’aimerais montrer la beauté de nos tissus et prouver qu’il a sa place dans la mode. En tant que Guinéenne, je me bats pour notre drapeau, car la Guinée appartient à nous tous. »
À travers « Soulchet », Fofana Oumou ne propose pas seulement des vêtements, elle tisse un pont entre les traditions textiles guinéennes — à l’image du Lépi ou du Forêt Sacrée — et les tendances contemporaines. En s’envolant pour Lomé, la créatrice porte sur ses épaules les ambitions d’une mode guinéenne en pleine mutation, bien décidée à prouver que le crochet a définitivement sa place sur les plus grands podiums africains. Une aventure artistique et patriotique à suivre de très près.
Aboubacar Fodé Bangoura





