L’artiste aux multiples facettes, N’faly Kouyaté, a foulé le tarmac de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré dans la soirée du mardi 21 avril 2026. Ce retour au bercail s’inscrit sous le signe de la culture et de la transmission, marqué notamment par sa participation attendue à la 18e édition des « 72 Heures du Livre ».
À sa descente d’avion, le « griot avant-gardiste » n’a pas caché son émotion de retrouver la terre de ses ancêtres. Face aux médias, il a livré ses premières impressions : « C’est une joie qu’on ne peut pas mesurer, vraiment, le niveau. Je suis très content et la chaleur qui me prend, c’est waouh ! »
Interrogé sur les motivations de son séjour, N’faly Kouyaté a évoqué des raisons aussi bien intellectuelles que mémorielles. La priorité reste le rendez-vous littéraire majeur de la capitale guinéenne, prévu du 23 au 25 avril sous le thème : « Jeunesse et Numérique : créativité, innovation, engagement ».
« Elles sont multiples. La première des choses, c’est pour les 72 heures du livre. Parce que je suis très content que la Guinée soit choisie parmi les pays du monde. Alors ça ne pourrait pas se passer sans que je ne sois là », a-t-il affirmé.
Au-delà de l’événement littéraire, l’artiste se fait le porteur d’une mission historique de grande envergure : « Et la deuxième raison est que la Guinée est en train de remettre sur place, culturellement et historiquement, le Manding, la Grande Circonférence. Et c’est le Manding qui se met en place et on a élu un nouveau roi, sa majesté Fadjimba, qui voudrait que je l’accompagne à KuruKan Fuga. Et il faut savoir que le Manding, il y a la Guinée, la Guinée Bissau, la Gambie, la Sierra Leone en partie, il y a le Mali en grande partie, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire. Donc c’est un grand regroupement. »
Pour ce virtuose de la kora, participer aux « 72 Heures du Livre » est un acte patriotique et un hommage à l’engagement culturel local.
« C’est vraiment participer à l’agrandissement de la notoriété de la Guinée. Parce qu’il faut supporter ce monsieur qui s’appelle Sansy Kaba, qui est toujours au four et qui se bat pour ce pays, pour que la Guinée soit toujours connue de manière intellectuelle. Donc il faut l’aider, il faut l’assister », plaide-t-il, avant de lancer un appel vibrant à la jeunesse : « Mon premier message est qu’il faut qu’on apprenne à lire et à écrire. La lecture est très importante, les livres sont là, c’est important. Et mon message aux Guinéens, c’est que nous devons tous participer à la reconstruction du pays. »
La musique ne sera pas en reste durant ce séjour, puisque N’faly Kouyaté partagera l’affiche avec des figures de proue de la scène actuelle : « Et j’ai aussi la chance de venir jouer aux côtés de mon frère Davido et Saïfond. »
Toutefois, le regard de l’artiste reste tourné vers l’avenir et l’international. Double nominé aux Grammy Awards, il prépare activement la présentation de son nouvel opus « Finishing » dans la salle emblématique de Bruxelles, l’Ancienne Belgique, le 25 mai prochain. Un concert qu’il conçoit comme un pont entre les continents.
« Je fais un concert le 25 mai pour sortir mon nouvel album et je veux profiter pour donner la possibilité aux jeunes artistes pour entrer en plan. Parce que mon public, souvent en Europe, c’est des Occidentaux, on n’a pas de diaspora, on n’a pas d’Africains. Et il y a des organisateurs de festivals et des managers qui vont être dans la salle. Alors en invitant des jeunes artistes pour faire la première partie, ça fait un tremplin pour qu’ils puissent être découverts. C’est le plus important pour moi. »
Entre les pages des « 72 Heures du Livre » et les rites ancestraux du Manding, N’faly Kouyaté signe un retour aux sources placé sous le sceau de l’engagement. En attendant son grand rendez-vous bruxellois, c’est à Conakry que le « griot avant-gardiste » a choisi de faire résonner, une fois de plus, l’excellence culturelle guinéenne.
Aboubacar Fodé Bangoura




